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F.A.Q.

Foire aux Questions

Sommaire des questions

1. Quel rapport y a-t-il entre la Meute et les Chiennes de garde ?
2. Je n'aime pas les mots meute et chefdemeute qui sont pour moi associés à des images négatives et agressives. Pourquoi ce choix ?
3. Pourquoi la forme "chefdemeute" et non "cheffe" ?
4. Pourquoi la profession de certaines signataires est-elle au masculin dans la liste ?
5. Pourquoi n'y a-t-il pas de numéro de téléphone pour vous joindre ?
6. Comment signaler à La Meute une publicité sexiste ?
7. Où trouver le groupe contre la publicité sexiste le plus proche de chez moi ?
8. N'est-ce pas honteux que des femmes acceptent de poser pour ces publicités sexistes ?
9. Pourquoi les publicités sexistes que vous dénoncez ne sont-elles pas reproduites sur le site de La Meute ?
10. Qu'est-ce que vous avez contre les "lesbiennes exhibitionnistes" ?
11. Pourquoi portez-vous (certain-es d'entre vous) un ruban blanc lors de vos actions ?
12. Pourquoi vous limiter à la publicité sexiste ? Pourquoi pas les catalogues de jouets, si sexistes ?
13. J'envisage de lancer une meute locale dans la ville où j'habite. Par quoi commencer ?
14. À quoi cela m'engage-t-il d'être chefdemeute locale ?
15. Que pensez-vous du "porno-chic" ?
16. Comment La Meute est-elle financée ?

Questions et réponses

1 Quel rapport y a-t-il entre la Meute et les Chiennes de garde ?
C'est Florence Montreynaud, écrivaine et féministe, qui a pris l'initiative de ces deux mouvements, dont chacun s'appuie sur un texte féministe d'opposition au machisme :
1. Le Manifeste des Chiennes de garde, lancé le 8 mars 1999, en réaction aux insultes sexistes publiques adressées à la ministre Dominique Voynet au Salon de l'agriculture, à Paris. Parmi les milliers de signataires de ce texte, plusieurs centaines ont aussi adhéré à l'association (loi de 1901) Chiennes de garde, dont les statuts ont été déposés le 30 septembre 1999. Florence Montreynaud a été la première présidente de l'association. Isabelle Alonso lui a succédé.
2. Le Manifeste " Non à la pub sexiste ! ", lancé le 28 septembre 2000. Ses signataires (voir liste) constituent la Meute, qui n'est pas une association, mais un réseau. Elle est constituée de meutes locales (voir page Meutes locales) qui réunissent des personnes désirant réfléchir ensemble à la publicité sexiste et préparer des actions contre elle.
La Meute, avec pour "chefdemeute" Florence Montreynaud, est animée par un groupe de personnes parmi les premier-e-s signataires (voir page "Qui nous sommes"). Ce sont elles qui décident de lancer une action générale.
Même si des membres de la Meute adhèrent aussi à l'association Chiennes de garde, les actions de la Meute n'engagent pas celle-ci, ni réciproquement.


2 Je n'aime pas les mots meute et chefdemeute qui sont pour moi associés à des images négatives et agressives. Pourquoi ce choix ?
Les mots meute et chefdemeute ne vous plaisent pas. Ils n'ont pas le même sens pour d'autres, qui leur associent plutôt des souvenirs de louveteaux, avec les cheftaines Akéla ou Bagheera. Pour moi (Florence Montreynaud), meute vient du mot latin qui signifie mouvement, et "chefdemeute" désigne la personne responsable de ce réseau. (Au pluriel : chefsdemeute.)
Ces noms ont été employés par les premiers signataires du Manifeste des Chiennes de garde, que j'ai lancé le 8 mars 1999. Je recevais des lettres avec "je viens rejoindre votre meute" et je répondais "bienvenue dans la meute ! ". Puis on m'a appelée " chef de meute " et j'ai repris ce nom pour mener ce travail d'animation, puis de nouveau quand j'ai lancé, le 28 septembre 2000, le Manifeste contre la publicité sexiste. Il me semble que, à responsabilités égales et avec un clin d'oeil, chefdemeute est aussi efficace et moins pompeux que présidente.

3 Pourquoi la forme "chefdemeute" et non " cheffe " ? (remarque fréquente en Suisse)
En Suisse, on emploie couramment le féminin cheffe. Au Québec, cheffe est utilisé dans la presse, et les deux usages coexistent. En France et en Belgique, on a fait le choix de "la chef" dans les guides officiels et dans la pratique. Le mot chef, qui vient du nom latin signifiant tête, a les deux genres, féminin et masculin, de même que journaliste ou médecin. Le fait de dire "une chef" ou "la chef" permet de faire comprendre qu'il s'agit d'un féminin. Quand une personne, homme ou femme, succédera à Florence Montreynaud à la tête de la Meute, cette personne pourra aussi signer "chef de meute", le ou la, selon le cas.

4 Pourquoi la profession de certaines signataires est-elle au masculin dans la liste ?
Cette indication engage, sur le fond et sur la forme, la responsabilité de la personne qui la donne. Chaque femme signataire a fait un choix en décidant d'employer pour sa profession la forme féminine ou masculine. Nous le respectons.

5 Pourquoi n'y a-t-il pas de numéro de téléphone pour vous joindre ?
Pour la même raison que le Meute n'a ni bureau ni personnel salarié : notre réseau fonctionne sur un mode volontaire et gratuit. Pour chacun-e des co-responsables, cette activité passe après les obligations professionnelles et personnelles. Pour nous signaler une publicité sexiste, voir la question sur ce sujet. Pour vous joindre à une meute locale, voir page "Meutes locales".

6 Comment signaler à La Meute une publicité sexiste ?
Vous pouvez vous adresser aux responsables de la meute locale proche de chez vous, ou à ceux de la Meute.
Par lettre : à La Meute, Maison des femmes, 163 rue de Charenton 75012 Paris.
Par Internet : Cliquez ici.
Vous pouvez aussi écrire au BVP (Bureau de vérification de la publicité) 11 rue St-Florentin 75008 Paris
site bvp.org

7 Où trouver le groupe contre la publicité sexiste le plus proche de chez moi ?
Pour les meutes locales déjà constituées, voyez le tableau des réunions annoncées (Calendrier).
D'autres meutes sont en cours de constitution. Pour la France, voyez la liste par département. Si vous souhaitez vous joindre à un groupe, cliquez ici : " Je désire me joindre à une meute locale ", et demandez la marche à suivre.

8 N'est-ce pas honteux que des femmes acceptent de poser pour ces publicités sexistes ?
On fait parfois la même observation au sujet des actrices qui jouent dans des films pornographiques. Pourquoi la honte, s'il y a lieu, devrait-elle retomber sur les personnes qui prêtent leur corps, et non sur celles qui utilisent de manière dégradante le corps d'autrui ? Si la publicité sexiste persiste dans certains pays, la responsabilité est partagée entre les publicitaires, les annonceurs, les médias et nous, le public, dans la mesure où nous la tolérons sans réagir.

9 Pourquoi les publicités sexistes que vous dénoncez ne sont-elles pas reproduites sur le site de La Meute ?
Parce qu'elles y sont décrites objectivement et que cela nous semble suffisant pour faire comprendre ce qu'elles ont de sexiste.
Parce que l'image exerce un pouvoir de fascination, et que nous préférons faire appel à la réflexion, avec des mots.
Parce que nous ne voulons pas faire de la réclame aux annonceurs de ces publicités, et c'est aussi pourquoi nous évitons au maximum de les nommer.
Pour voir des publicités sexistes, notamment celles des actions lancées par La Meute, allez sur le site de Perline, signataire du Manifeste "NON à la pub sexiste!", qui offre l’hospitalité sur une partie privée de son site : cliquer sur http://perline.org/meute/ et choisir "publicités" dans le menu.

Voir aussi sur le site des Sciences-Potiches se rebellent www.spsronline.org une remarquable exposition avec commentaires féministes de pubs sexistes récentes.

10 Qu'est-ce que vous avez contre les "lesbiennes exhibitionnistes" ?
Voici le passage du Manifeste " NON à la pub sexiste ! " auquel vous faites allusion : "Les publicitaires renforcent les clichés sexistes (...) en montrant les femmes entre elles comme des rivales jalouses ou comme des lesbiennes exhibitionnistes."
Depuis qu'il y a des images pornographiques (c'est-à-dire de sexualité explicite représentée à des fins commerciales, sur un mode l'associant généralement à la violence), il y a des images de lesbiennes. Ces représentations n'ont rien à voir avec la réalité de la sexualité des lesbiennes et elles correspondent à des fantasmes masculins. L'expression "lesbiennes exhibitionnistes" ne comporte aucun jugement de notre part, elle renvoie à la représentation tronquée que nous imposent des voyeurs.

11 Pourquoi portez-vous (certain-es d'entre vous) un ruban blanc lors de vos actions ?
Ce ruban blanc est un signe de reconnaissance des personnes engagées contre la violence machiste et pour la paix entre êtres humains, hommes et femmes.
En Europe, on connaît le ruban rouge, lié à la lutte contre le sida. En Amérique du nord, il est courant d'arborer un ruban de ce type : il est le symbole d'un engagement et c'est sa couleur qui permet de savoir duquel il s'agit. Le nôtre est blanc, parce que le blanc est un symbole universel de paix.
L'histoire de ce ruban remonte au 6 décembre 1989. Ce jour-là, un homme, Marc Lépine, armé d'un fusil-mitrailleur, entra dans l'École Polytechnique de Montréal ; il pénétra dans une salle de cours, fit sortir les hommes, cria : " Je hais les féministes " et tira. Il tua quatorze femmes, treize étudiantes et une employée, puis se suicida. On trouva sur lui un tract antiféministe et une liste de femmes connues qu'il voulait aussi assassiner.
Le choc fut terrible dans le pays et fit prendre mieux conscience de l'ampleur de la violence contre les femmes. Le 6 et le 7 décembre, à travers le Canada, plusieurs groupes de femmes organisèrent des veillées funèbres. Certaines portaient un ruban blanc.
Des hommes de Toronto reprirent cette idée à l'automne 1991. Ils fondèrent la Campagne du Ruban Blanc (http://www.whiteribbon.ca/french/frindex.htm), qui organise des actions de prévention dans les écoles.
voir aussi le site : http://www.eurowrc
On parle souvent de " guerre des sexes ", sans connaître l'origine de cette expression. Nul-le ne sait qui a déclaré cette prétendue guerre, mais les faits sont là : la quasi totalité des victimes en sont des femmes. Ça suffit ! Il y a eu trop de violences, trop d'injustices. Trop de femmes assassinées, blessées, violées, excisées, torturées, prostituées, avilies, humiliées, et pourquoi ? Parce qu'elles sont du "mauvais" sexe, le deuxième !
La violence symbolique, celle des mots et des images, est l'un des degrés dans l'escalade des violences contre les femmes. Nous, membres de la Meute, nous disons NON à la violence machiste.
Si vous voulez vous procurer des rubans blancs et que vous avez une adresse en France, envoyez à La Meute, Maison des femmes, 163 rue de Charenton 75012 Paris, une enveloppe timbrée à vos nom et adresse + un timbre à 0,46 euro par ruban.

12 Pourquoi vous limiter à la publicité sexiste ?
Pour d’autres actions féministes, voir " aller plus loin " et aussi le site du réseau "Encore féministes !" http://encorefeministes.free.fr

Quant aux catalogues de jouets, d'autres associations féministes s'en occupent déjà. Par exemple, Mix-Cité, à laquelle vous pouvez vous adresser.
Ce texte se trouve sur le site de Mix-Cité : http://www.mix-cite.org/communique/index.php3?RefArticle=160

Noël 2001 : pas de cadeau pour le sexisme !
Communiqué du 5 décembre 2001
Comme chaque année, nos boîtes aux lettres sont remplies de catalogues de jouets. N’avez-vous rien remarqué ?
Aux " fées du logis " qui passent l’aspirateur sont opposés les " petits hommes " qui jouent à la guerre. Les " rêves de filles " toujours en rose ne sont que dînettes, poupées Barbie et fers à repasser ; rarement ou jamais microscopes, jeux de construction et d’éveil.
Pourquoi des pages roses et des pages bleues ? des " univers de garçons " et des " histoires de filles " ? Pourquoi proposer systématiquement certains jouets à un sexe et d’autres à l’autre sexe ?
Dès leur plus jeune âge, les enfants sont conditionnés à des rôles sexués : maternité, travail domestique et coquetterie pour les filles ; bricolage, voitures et combats guerriers pour les garçons.
Comment s’étonner que les petites filles qui ont joué à la dînette exécutent plus tard 80 % des tâches ménagères ? que les petits garçons, qui ont tous joué à la guerre, deviennent plus violents que les femmes ? tant la mitraillette et le fer à repasser en plastique participent de la construction d’une identité sexuée, fondée sur la domination masculine.
C’est Noël, rêvons un peu… Rêvons que nos enfants qui reçoivent des cadeaux ne reçoivent pas le sexisme en prime.
Pour combattre le sexisme dans les jouets et sensibiliser les parents sur la portée de leurs choix, les associations Mix-Cité organisent une journée d’actions nationale le samedi 15 décembre à Paris, Toulouse, Orléans et Marseille.
Pour plus d’informations, contactez :
Paris : 06 17 12 52 61
Toulouse : 06 88 16 93 82
Orléans : 02 38 70 62 54
Marseille : mixcite13

13. J'envisage de lancer une meute locale dans la ville où j'habite. Par quoi commencer ?
1. Vérifier qu'il n'en existe pas déjà une. Sur le site, page : Meutes locales, cliquer sur Meutes locales/département français, et consulter la fiche au nom de votre département.
2. Lire la Charte de la Meute, notamment le point 3. " Organisation des meutes locales ", et vous assurer que vous êtes en accord avec les principes et recommandations de ce texte.
3. Faire connaître dans votre entourage le Manifeste " NON à la pub sexiste ! " et recueillir des signatures.
4. Vous mettre d'accord sur la date et le lieu d'une réunion publique avec chefdemeute, qui annoncera celle-ci sur le site, ainsi que par mél aux signataires de la région. L'annoncer dans votre région par affichettes, insertion dans le journal local, etc.
5. Rassembler des publicités sexistes : pages découpées dans des journaux, photos de panneaux dans la rue, etc.
6. Animer la première réunion de la future meute locale (voir ci-dessous, suggestions pour l'ordre du jour).
7. Proposer à une ou deux autres personnes de partager avec vous la responsabilité de cette meute. L'une de vous se charge de rédiger le compte rendu des réunions, dont certains éléments pourront figurer sur le site de La Meute.
8. (éventuellement) Prévoir un lieu fixe et une date précise, par exemple le deuxième samedi de chaque mois à 15h, ou le premier jeudi à 20h. (Cela permet d'éviter l'envoi de convocations.)
CONTENU DES RÉUNIONS (ordre du jour suggéré)
Présentation des participant-es.
Réactions et échanges d'idées sur des publicités sexistes apportées par les participant-es.
Informations et propositions sur les actions de la Meute, en cours ou à venir.
Préparation d'actions locales, en réaction à des publicités locales ou dans le cadre d'une action générale de la Meute.
Préparation d'équipes pour des actions-trottoir. En quoi consistent celles-ci ? Demander à des gens dans la rue ce qu'ils pensent de publicités sexistes que vous leur montrez ; noter leurs réactions avec, s'ils sont d'accord, leurs prénom, âge et profession ; les envoyer par mél à chefdemeute qui les présente sur le site.
Discussion autour de textes, par exemple de réaction ou d'analyse de publicités sexistes.

14. À quoi cela m'engage-t-il d'être chefdemeute locale ?
Votre nom apparaît avec votre adresse courriel dans la liste des départements.
Vous partagez la responsabilité de la meute locale avec une ou deux autres personnes. Avec elles, vous co-animez les réunions et vous organisez les actions-trottoir. L'une de vous, disposant d'un mél, se charge des relations avec les responsables de La Meute, notamment en vue d'actions concertées. Les chefsdemeute locales font circuler les informations à l'intérieur de la meute locale et entre celle-ci et les responsables de La Meute.

15 Que pensez-vous du « porno-chic » ?
Souvent, des étudiantes faisant des recherches sur la publicité sexiste s’adressent à La Meute. Voici une réponse qui pourra servir à d’autres. Il s’agit de ce que certains journalistes ont appelé « porno-chic » (je leur laisse la responsabilité de cette appellation, que je désapprouve).
Lettre : "Je prépare un mémoire sur l'évolution de la communication des marques de luxe. Comme vous le savez (puisque vous luttez contre cela) le luxe a traversé une période porno chic. Apparemment il s'oriente désormais vers le romantisme. Etant donné que vous travaillez énormément sur les publicités et que vous luttez contre la publicité sexiste, j'aimerais beaucoup avoir votre avis sur plusieurs questions.
Pensez-vous que le porno chic a détruit l'image du luxe?
Ne trouvez-vous pas le mot porno chic un peu contradictoire?
A votre avis quels sont les messages qu'ont voulu faire passer les publicitaires?
Trouvez-vous que les nouvelles publicités orientées vers le romantisme sont plus respectueuses de l'image de la femme? "

Réponse de Florence Montreynaud, 2 juin 2002 :
"Je me refuse à employer l’expression « porno-chic » qui est une contradiction dans les termes. La pornographie est une exploitation commerciale de la violence et de l’exhibition sexuelles ; elle ne peut pas être chic, c’est-à-dire raffinée, élégante, discrète.
De mon point de vue de féministe, la thématique pornographique que l’industrie du luxe a choisie pour ses publicités des années 2000-2001 a été une catastrophe. Cela a contribué à banaliser encore davantage dans le grand public les représentations pornographiques. La situation française était déjà assez préoccupante : pas ou très peu d’éducation sexuelle à l’école, les vidéos ou films pornographiques en tenant lieu pour les enfants ; banalisation des violences sexistes (contre lesquelles je me suis engagée en lançant le mouvement des Chiennes de garde, puis La Meute) ; marchandisation croissante, par la publicité, de la sexualité et de la nudité, surtout féminine.
En diffusant dans le monde entier des images aussi dégradantes, la puissante industrie du luxe a apporté sa caution, ainsi que, pour les étrangers, le prestige de la France, à un processus de légitimation de la pornographie dont nul ne peut encore mesurer tous les ravages. Elle l’a fait de manière irresponsable, c’est-à-dire sans mesurer les conséquences sur les mentalités, et avec le seul souci du profit, afin de donner, je suppose, un contenu transgressif, un parfum d’interdit, à une image jugée vieillotte ou d’une élégance démodée.
D’autres marques, vendant des produits moins chers, l’ont imitée, protégées par le prestige de ceux qui avaient lancé la tendance.
J’ai reçu de nombreux témoignages de femmes blessées par cette violence, atteintes dans leur dignité, mais trop isolées et démunies pour répondre. Elles ont rejoint La Meute et ensemble nous avons dit : « NON ! Ça suffit ! »
J’ai noté que la stratégie de l’industrie du luxe a évolué ; j’ai vu par exemple des représentations de flacons traités comme des objets d’art abstrait. Il ne s’agit pas de publicité sexiste et cela ne concerne plus La Meute.
Le mal est fait. Grâce à Dior, Saint-Laurent, Ungaro, etc., qui ont pendant des mois étalé leur propagande machiste sur les murs des villes ou dans les magazines, chaque agresseur sexuel, chaque violeur participant à un viol collectif, chaque homme payant une personne prostituée, chaque lecteur d’un magazine pornographique a pu ainsi se sentir renforcé dans son bon droit à juger que « les femmes sont toutes des salopes » et que « quand elles disent non, ça veut dire oui ».
Vous estimez que les industries du luxe « s'orientent désormais vers le romantisme ». Je ne vois pas les choses ainsi. Depuis trente ans que j’observe l’image des femmes et de la sexualité dans la publicité, je note une constante chosification du corps humain, surtout féminin, une réduction à des clichés sexistes, une instrumentalisation de la sexualité, bref sous des formes différentes, et avec des effets de mode qui peuvent faire illusion, un profond et solide mépris pour les femmes qui sont aussi des clientes.
Croyez bien que je le déplore ! La France est si en retard par rapport aux pays d’Amérique du nord ou d’Europe du nord. Dans le pays prétendument « des droits de l’homme », la libre expression des machos, et des publicitaires participant de l’idéologie macho, me semble nettement mieux garantie que le droit des femmes au respect !"

16. Comment La Meute est-elle financée ?
Tout le travail est assuré bénévolement. Les frais sont couverts par des contributions volontaires de membres du réseau.

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