Qui sommes-nous ?

La Meute est un réseau féministe mixte et international, engagé contre la publicité sexiste, et membre du Collectif national des droits des femmes (en France).
Ci-dessous, auto-portraits de plusieurs responsables
(la plupart datent de 2001).

Notre adresse : La Meute, Maison des femmes, 163 rue de Charenton 75012 Paris


Trois des responsables de La Meute : de gauche à droite,
Hélène Marquié, Florence Montreynaud, Marie-Noëlle Bas
(conférence de presse au CAPE, 7 février 2002)

Florence Montreynaud - chefdemeute
écrivaine et féministe française, née en 1948, Paris.
Engagée dans le mouvement des femmes depuis fin août 1970.
Auteur de l'encyclopédie Le XX° Siècle des femmes (Nathan, 2001)
Fondatrice, le 8 mars 1999, du mouvement des Chiennes de garde ; but : dire NON aux machos et défendre des femmes insultées publiquement de manière sexiste. Auteur de Bienvenue dans la meute ! (La Découverte, 2001), bilan de la première année d'activité des Chiennes de garde, et réflexion sur le machisme.
Engagée contre la publicité sexiste depuis fin 1970 ; depuis septembre 2000 et le lancement du Manifeste "NON à la pub sexiste !", place ses espoirs dans un grrrrrrand mouvement féministe international qui obtiendra enfin le RESPECT !

Agnès Arnauts-Casters, chefdemeute de Toulouse, 48 ans, femme et maman de 5 enfants et employée de bureau (privée abusivement d'emploi en 1984 pour cause de grossesse et par la suite pour motif d'enfants en bas-âge et par la suite au motif "de trop nombreuses maternités").
Militante de nombreuses causes, dont la cause féministe.
Ma lutte intime : combattre la prostitution, faire reconnaître le droit à la sexualité des immigrés, handicapés, personnes âgées. Diffuser de l'information sexuelle dès la maternelle pour qu'un jeune garçon timide ne se croie plus obligé de faire "ses classes" avec une prostituée.
Offrir aux prostituées des formations dignes et intelligentes pour leur reconversion professionnelle. Comme psychologue, par exemple.

Marie-Noëlle Bas, attachée de presse indépendante, 47 ans, Paris. (voir photo ci-dessus)
Je suis féministe depuis toujours, mais je ne prends que maintenant, mes enfants étant grands, le temps d'agir pour cette conviction.

Eliane Crouzet, chefdemeute de Nîmes.
Je suis l’aînée de six enfants, cinq filles et un fils. Depuis la naissance de mon frère, je suis révoltée par la différence injuste que notre mère a faite entre nous. J’ai 60 ans et je n’ai jamais cessé d’être révoltée par ce même constat dans tous les domaines, privés et publics. Institutrice retraitée, j’ai essayé de faire reculer le sexisme chez mes élèves, sans grand résultat : tout est imprégné de machisme, le système scolaire, les familles et surtout les médias. Je ne peux rien contre les deux premiers, alors je me bats avec La Meute !
Les femmes dont je suis (et je ne suis pas la seule) en ont marre d’être considérées comme des objets de consommation sexuelle ; elles souhaitent avoir avec les hommes des relations de respect et d’estime mutuels, où la sexualité soit un échange, un bonheur partagé, et non un marchandage.

Sylvie Escat, 50 ans, traductrice, Paris
Bénévole assidue et convaincue sous d'autres bannières (associations professionnelles, fédération de parents d'élèves) depuis plus de vingt-cinq ans, j'ai pu voir et apprécier ce que l'apport de chacun permet de réaliser ensemble. C'est l'utilisation de l'humour qui m'a décidée, moi, fille et soeur de féministes, à m'engager dans l'action collective de La Meute.

Marie-Ange Filippi, 41 ans, peintre, Paris. (voir photo ci-dessous)
Pourquoi suis-je féministe ? Je suis née dans une famille corse. No comment ! Il a fallu attendre les années 70 et le travail des féministes anglo-saxonnes pour que les femmes artistes soient à nouveau dans la lumière. Même lorsqu'elles avaient eu une carrière retentissante, l'histoire de l'art les avait peu à peu occultées.

Jean-Claude Gabriel, bénévole d'associations notamment dans le milieu enseignant
Fils d'un couple d'instituteurs passionnés par les méthodes nouvelles de pédagogie, je suis depuis quarante ans délégué départemental de l'Éducation nationale, et j'ai été maitre de conférences à Sciences-Po.
Dès novembre 1940 - j'avais quatorze ans -, je participé à des actions de résistance, jusqu'à la libération de Paris à laquelle j'ai pris part comme officier. J'ai admiré les actions courageuses des résistantes, et j'ai été choqué qu'elles soient trop souvent sous-estimées.
De ma mère féministe, je tiens une vive sensibilité aux injustices et aux violences faites aux femmes. Toute ma vie, j'ai agi pour que les femmes soient respectées, et nommées aux postes qu'elles méritaient. J'ai participé très activement au mouvement des Chiennes de garde depuis son lancement, et de même pour la Meute.

Jean-Claude Gabriel (1926-2003) a été l'ange gardien des débuts de La Meute.

Marion Grimault, bénévole d'asssociations, Paris
Chienne de garde active, puis membre de la Meute depuis le début.

Jerome Grossman (Genève + meute du Gers), 47 ans, marié, traducteur indépendant. Plurinational, pluriculturel et pluriprofessionnel, je ne suis pas plus féministe que je ne suis antiraciste. Je ne parviens tout simplement pas à percevoir là ce qui pose question à certains de mes semblables. Et comme l'arbitraire me paraît le sommet de la sauvagerie narcissique, je m'oppose naturellement à leur propension à soumettre l'autre, dans l'ordre symbolique comme dans l'ordre juridique ou matériel.

Françoise Hatchuel, maîtresse de conférences en sciences de l'éducation (Université Paris X), 34 ans, Vitry-sur-Seine.
Je suis féministe de coeur et de raison. De coeur parce que je me suis demandé très tôt pourquoi je n'aurais pas les mêmes droits que les garçons ; de raison parce que j'ai intégré la dimension sexuée dans mes recherches, et que celles-ci me confortent dans l'idée d'une nécessité à agir. L'approche éducative me pousse à essayer de comprendre comment se construisent les stéréotypes : je m'intéresse donc, d'une part aux représentations sociales, notamment celles qui sont véhiculées et accentuées par les médias (d'où ma lutte contre les publicités sexistes), d'autre part aux pratiques enseignantes (répartition quantitative et qualitative de la parole en classe, attention ou non-attention à tel/le ou tel/le élève, etc.) Dans mes activités de formation, je cherche à attirer l'atttention des enseignant/es et futur/es enseignant/es sur ces questions.
Membre des Verts depuis dix ans, je participe à l'animation de la commission éducation ; après avoir été quatrième sur la liste aux élections municipales de 1995 à Vitry, j'y ai obtenu 13,5% aux élections cantonales en 2001. Je suis membre de diverses associations (anti-publicitaire, tiers-mondistes, etc.) qui me sensibilisent aussi à la place des femmes dans les pays du Sud. Enfin, je travaille à "féminiser" le comité de rédaction de la revue Ecorev (http://ecorev.free.fr), nouvelle revue critique d'écologie politique ; dans le numéro de mars 2001, j'ai coordonné un dossier sur "corps et politique".

Regan Kramer, journaliste anglophone, Paris
Américaine de naissance, j'ai été une militante féministe dès l'âge de douze ans, lorsque j'ai lutté au collège pour que les filles aient le droit de mettre un pantalon ; cela m'énervait de lire toujours ‘he’ (il) dans les bulletins scolaires. Mon engagement ne s'est pas démenti ensuite. J'ai été présidente pendant 5 ans de l'association " du côté des femmes " (de Cergy). En tant que Chienne de garde, j'ai manifesté plusieurs fois devant le Fouquet's, et j'ai été présente au procès de Nicole Abar. Je suis mère de deux filles sportives... mais ne les traitez pas de "garçons manqués", elles sont plutôt des filles réussies ; elles ont offert de leur argent de poche pour contribuer aux frais de justice de Nicole Abar, car elles avaient compris qu'il s'agissait aussi de leur propre droit de pratiquer le sport de leur choix. La lutte contre les publicités sexistes n'est pas nouvelle pour moi : dans la lettre d'information de " du côté des femmes, j'ai créé une rubrique " écrivez-protestez " (voir des extraits page "publicités sexistes commentées", rubrique : violences machistes, ex. biscottes).

Catherine Lacroix, relais de Bagnols sur Cèze (Gard)
Je suis née (en 1951) dans le féminisme, avec une mère adhérente à l’Union des Femmes Françaises qui vendait "Heures claires" dans la cité où nous habitions. Plus tard, j'étais à l'aise dans la bagarre pour la contraception et la libéralisation de l'avortement, c'était ma lutte, une fille de ma classe était décédée d'hémorragie à la suite d'un avortement clandestin. J'habitais au foyer de jeunes travailleurs de Bobigny, quand j'ai vu arriver devant le tribunal celle que je considérais comme un phénomène : l’avocate Gisèle Halimi. J'étais sidérée par cette femme qui avançait, la tête haute, tenant par le cou sa jeune cliente, accusée d’avoir avorté. Aujourd'hui, je suis défenseure syndicale et plus que jamais féministe. J’accueille des femmes ou des jeunes filles victimes de harcèlement moral ou sexuel. "

Sophie Liaudet, chefdemeute du Havre, rédactrice et traductrice, 40 ans.
Je me suis toujours révoltée contre l’injustice ou les violences machistes faites aux filles et aux femmes, dans le monde et surtout en France, où nous ne devrions plus accepter de les tolérer. Je me sens donc féministe depuis toujours, et solidaire, sans avoir jamais été militante.
Je rêve qu’un jour, un homme un vrai ! ait le courage de déclarer : " Ça suffit, les machos ! Aimons et respectons les femmes, nos compagnes, nos mères, nos soeurs ! Prenons exemple sur elles et soyons enfin dignes, comme elles, d’être des Hommes avec un grand H ! "
J’ai étudié deux ans à Edmonton au Canada anglais et visité souvent le Québec et les Etats-Unis. J’ai aussi vécu treize ans à Paris jusqu’en 1997. Je mesure donc la différence des mentalités : nous, Français-es, tolérons beaucoup trop le machisme, sous prétexte qu’il se pare chez nous des couleurs de la galanterie.

Hélène Marquié, chorégraphe et chercheuse féministe, Paris (voir photo ci-dessus)
Je suis née en 1959, et je me souviens d'avoir très jeune pleuré d'impuissance et de rage devant les oppressions dont les femmes sont victimes. Pour moi, la domination masculine sur les femmes est à la racine de toutes les autres dominations, et elle construit dès le berceau des différences qu'elle affirme être naturelles. Je travaille sur l'imaginaire et ses relations avec le corps, sur l'aliénation, sur la construction des genres féminin et masculin, base des inégalités et des oppressions entre les sexes.
Non, la publicité ne reflète pas le monde tel qu'il est. Elle le construit, elle construit nos relations avec nous-même et avec les autres, de même qu’elle construit nos désirs.
Rendre visible l'idéologie qui sous-tend la publicité sexiste, c'est rendre visible l'asymétrie de la position des femmes et des hommes. Lutter contre la publicité sexiste, c'est lutter contre une discrimination première qui passe encore trop souvent pour naturelle. Si les publicitaires veillent à éviter les images ou les allusions racistes, pourquoi ne font-ils pas de même pour le sexisme ?

Claudine de Monfreid, Paris
De Benoîte (Groult) à Germaine (Greer), en passant par Elena (Giannini Belotti), Virginia (Woolf) et Gisèle (Halimi), j'ai grandi en conscience féministe, aidée par une mère indignée par la condition féminine. Quinqua tonique, je maintiens ma vigilance en luttant contre le machisme et l'image qu'il veut véhiculer. Je lutte aussi pour la protection animale, domaine où la violence humaine provoque également beaucoup de souffrances. Un point positif dans ce "monde de brutes", ma fille, à qui j'espère avoir réussi à transmettre le message féministe.

Thérèse Oudet, professeur d’allemand, 56 ans, Vesoul.
Je cherche à apprendre aussi aux élèves à se respecter mutuellement (ainsi qu’à respecter les professeurs et les structures), à leur apprendre à réfléchir, à faire preuve d'exprit critique, de tolérance et d'ouverture. En outre, pour les filles, je les pousse à acquérir une profession qui leur permette l'autonomie et l'épanouissement personnel.

Perline, agitatrice depuis 1955. (http://perline.org)

Laetitia Rémion, ingénieur télécom, Paris.
Je suis née en 1974 et j'ai toujours été révoltée contre la place attribuée aux femmes dans la société.
La Meute est la première association féministe dont je fais partie (et j'espère qu'il y en aura d'autres). Je souhaite ainsi lutter activement contre les agressions publicitaires dont nous sommes victimes, parfois sans même nous en rendre compte...

Maria Luisa C. Vaquera (relais en Espagne), professeure, 44 ans, Cordoue
Les systèmes de communication que nous utilisons (paroles, images, etc.) sont imprégnés par un mépris, conscient ou non, envers les femmes. Je veux lutter contre ce mépris, et j'ai décidé d'adhérer à La Meute, pour dénoncer à haute voix la violence contre la dignité des femmes qu'exerce par la publicité sexiste. De par ma profession de linguiste, j'essaie aussi de rendre les femmes plus visibles dans le langage quotidien.
Mª Luisa C. Vaquera, profesora, 44 años, Córdoba
Los sistemas de comunicación que utilizamos (las lenguas, las imágenes...) están impregnados de un notable desprecio, consciente o no, hacia las mujeres. He asumido mi parte de responsabilidad en la lucha contra esta situación adhiriéndome a "La Meute", para denunciar en voz alta la violencia que se ejerce contra la dignidad de las mujeres a través de la publicidad. Desde mi condición de lingüista, también intento hacer visibles a las mujeres en nuestro lenguaje cotidiano.

Isabelle Vassas, chefdemeute d'Aix-en-Provence
éministe par nature et par conviction après avoir été élevée dans une famille avec sept frères et une soeur... Adolescente dans les années 70, j'ai beaucoup discuté, débattu et défendu - ma mère m'a toujours convaincu qu'il fallait avoir un métier et être indépendante. Je milite dans de nombreuses associations pour les droits des femmes dans ma région, partant du principe que l'éducation et l'information sont facteurs de progrès pour les femmes. Il faut toujours informer, discuter, débattre pour éviter les retours en arrière et l'immobilisme ; toutes les causes des femmes sont bonnes à défendre. Moi, je regarde beaucoup aussi vers les femmes de la Méditerranée.

Marianne Vollet-Gless, chefdemeute de Strasbourg, conseillère d’orientation, responsable ou impliquée dans différentes associations progressistes dans la sphère vie sociale et citoyenne : FCPE, Association familiale Laïque-Strasbourg-Meinau, Assemblée des Femmes, groupe de feministes universitaires "Mauvais Genre" de Strasbourg, cheftaine(sic) de famille essayant de pratiquer la démocratie familiale. Je suis l’auteur d’un mémoire de psychologie sociale sur l'image de la femme dans la publicité (1973), et d’une thèse de sociologie sur la question de l'orientation et des élèves filles pendant les années 80, intitulée "L’Égalite des chances entre hommes et femmes en éducation - utopies et réalités Les programmes de diversification de l'orientation des jeunes filles en France".
Féministe de coeur depuis l’adolescence, c’est-à-dire depuis que j'ai découvert et vécu les inégalités et discriminations faites aux jeunes filles et aux femmes, j'ai participé aux combats et actions comme je le pouvais, et je continue dans le domaine des violences sexistes, des mots et des images car, dans l'éducation des filles, elles nuisent au bonheur de devenir ou d'être soi.


Benoîte Groult, Florence Montreynaud et Marie-Ange Filippi
(conférence de presse de La Meute, 8 mars 2002)